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Paul fait le bilan

Pour rappel, il était à la tête de l’équipe Elite du PUC en 2002. Paul N’Guyen nous fait un bilan de la saison dernière. Par mail. Parce que « par téléphone, ça bouffe des unités ! ». Alors lisons-le bien fort.

Tout d'abord, est-ce que tu pourrais nous faire un petit bilan en quelques mots
de la saison ?
J’avais eu une certaine appréhension. Nous allions aborder le championnat en étant assez démuni au niveau des joueurs. Et surtout au niveau des lanceurs. Maxime Leblanc, Patrick Carlson, Peter Kaes et Victor Barbenes nous avaient quittés. Il manquait un short-stop jusqu’au mois de mai (absence de Carl Lebhar). Sébastien Rouchon ne savait pas quand il allait être rétabli. Alpha Malbranche ne m’a pas donné de nouvelle avant le premier match de la saison. Julien Dupuis, soit il était blessé, soit il travaillait (NDR : soit il chassait). Benjamin Deruelle préparait son agrégation. Beaucoup de joueurs ont manqué les entraînements d’hiver jusqu’au premier match du championnat.

Par contre, le calendrier du championnat nous a permis de nous préparer progressivement à affronter les grosses équipes d’une part et de gagner des places dans le classement. En effet, nous avons affronté les équipes du plus faible au plus fort dans l’ordre du classement final (mise à part Cherbourg). Ensuite, l’équipe s’est renforcé avec le pitching de Manuel Volquez, le fielding de Jimmy Laza Moreno et puis Jérome Dussart en catcheur. Plus tard nous avons récupéré Andrew Brunswick, David Meurant, Gaspard Fessy et Victor. Une fois que nous étions au complet il était prévisible d’arriver en playoff.

En conclusion nous avons eu beaucoup de chance d’obtenir tous ces joueurs en cours de saison et d’arriver en demi-finale. Au début nous jouions le maintien en élite et à la fin nous jouions pour une place en finale. Mais vu l’investissement de chacun à se préparer physiquement un mois avant la demi-finale, nous ne méritions pas d’aller jusqu’au bout. C’est donc logique d’avoir perdu contre Montpellier.

Quels étaient les points positifs et négatifs de l’équipe, selon toi ?
Les points positifs sont, d’une équipe démunie, nous finissons en une équipe capable de faire peur aux grosses équipes comme Montpellier, Savigny et plus tard Rouen. Nous nous sommes renforcés au bon moment. Nous avons eu la meilleure défense du championnat. Le rain-out de Cherbourg nous a permis de les vaincre en été, parce qu’ils n’avaient plus leurs Japonais.

Les points négatifs sont l’excès de zèle des joueurs parce qu’ils ne pouvaient pas accepter que je devienne coach. A chaque entraînement, je comptais sur la présence de ceux qui avaient prouvé leur manque d’entraînement (physique, technique et psychologique) aux matches précédents. Néanmoins, ça ne les empêchait pas d’être absent quand même. J’ai eu des surprises à chaque entraînement et à chaque match : aux derniers moments il manquait quelqu’un. Absence de Carl, blessure au bras de Pascal Sanvoisin, entorse de la cheville de Nicolas Dubaut, fracture de la main de Jérome, le manque de bâton de tous, le départ de Victor puis de Gaspard, le jeu alternatif de Jimmy.

As-tu des regrets ?
Les regrets sont que des joueurs m’ont fait des promesses au départ et ne les ont pas respectées en cours de route. A la fin, quand un joueur me disait qu’il allait être là, je ne le croyais plus. Je ne faisais plus confiance. Manuel Volquez m’a dit un jour : « Quand tu ne tiens pas ta parole, tu n’es plus un homme ». Ben, il y a un paquet de gonzesses dans l’équipe, alors !

De quoi es-tu le plus fier pour cette saison ?
Avoir fini deuxième du championnat de la première phase. Avoir fait accepter Manuel dans l’équipe.

As-tu eu des moments de satisfaction ? Lesquels ?
Mes moments de satisfaction sont quand mes prédictions étaient fondées. Le match retour de Montigny était chaud et nous avons gagné les deux. J’ai préservé nos lanceurs contre Cherbourg le 15 août pour prendre un match contre Montpellier 3 jours plus tard. Je pourrais me remettre en question sur la technique de frappe. Or, les frères Lhomme de Montpellier sont passés entre mes mains durant les entraînements à l’INSEP et ils nous ont fait mal en demi-finale. J’en conclus que mon idée sur la technique de frappe est bonne (j’ai compris qu’à la fin de ma carrière comment frapper).

As-tu ressenti des progrès chez certains joueurs ?
En ce qui concerne les progrès, chacun avait déjà une connaissance du baseball. C’était donc dur d’inculquer quelque chose de nouveau. Les plus réticents restaient sur leur acquis et ne voulaient rien entendre de ce que je leur conseillais. Et je ne suis pas du genre à faire du social avec des adultes qui ne veulent pas apprendre. Ce n’est pas évident non plus de faire comprendre à un joueur Elite qu’il fait de la merde depuis le début de sa carrière. Il y a eu un net progrès de ceux qui étaient motivés par l’équipe de France. Les autres n’ont pas encore compris où était la zone de strike ni à bunter. Je suppose que ça s’explique par des mauvais fondamentaux appris en junior.

Au sujet des rencontres de la demi-finale, as-tu des commentaires ?
Je suis déçu par les prestations de nos lanceurs starter qui n’ont pas su faire plus de deux manches : stress, décalage horaire ou manque de préparation physique je n’en sais rien.
Le week-end d’avant nous avions mis 4 ou 5 points en 3 matches contre Rouen pendant le Challenge de France. Notre faiblesse au bâton était alors une évidence pour tout le monde. Mais cela n’a pas réveillé les absents pour venir prendre des swings avant ce 14 septembre. Je n’espérais donc pas gagner avec 10 points d’écart.


Qu'est-ce qui nous a manqué pour aller en finale ?
Des hits. Le hit d’Andrew à la fin du dernier match. La volonté de chacun. Je me demande combien s’étaient vraiment préparé à cet événement ? Tout le monde voulait aller en finale mais attendait que l’autre fasse le boulot à sa place. Par exemple les joueurs devaient se dire : « je n’irai pas à l’entraînement parce que lui ira à ma place, il fera gagner le match et j’aurai une médaille en n’ayant rien foutu pour la mériter de toute façon je suis bon et je serai quand même sur le line-up parce que le coach n’a pas le choix. »

Quels changements faudrait-il faire pour que l'équipe gagne la prochaine saison ?
Il y a du boulot ! Déjà que chacun tienne son engagement jusqu’à la fin. Si on sait qu’on ne peut pas donner plus de 90% alors on ne s’engage pas. Gagner la prochaine saison, je n’y crois pas tout de suite. Mais si on prépare des jeunes sur 2 ans façon INSEP, on peut arriver à quelque chose. Pour que les juniors et le PUC2 aient un meilleur niveau, il faudrait qu’ils viennent à chaque entraînement Elite pour éventuellement intégrer l’équipe à un moment donné.


C’est quoi la suite pour toi ?
M’engager signifie aller jusqu’au bout. Or, je ne connais pas encore mon planning définitif pour 2003 et je ne sais donc pas si je pourrai être aussi disponible que je l’ai été cette année.


Propos recueillis par Philippe Callewaert.

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